Tout sur le nourrissement
Les effets de la malnutrition des abeilles sont connus. Il y a une interaction entre les abeilles et la colonie, et les problèmes individuels se répercutent sur la population d’adultes et l’élevage, qui se verront qualitativement et quantitativement réduit. Antonio Gómez Pajuelo est reconnu comme l’un des experts de la nutrition de l’abeille dans le monde. Il à réalisé un sondage avec 166 apiculteurs.trices.
Une colonie ne doit pas être nourrie parce qu’une date du calendrier l’exige, mais parce qu’un diagnostic montre que ses ressources ne couvrent plus ses besoins. Le nourrissement peut sauver une colonie ou sécuriser son hivernage ; mal choisi ou mal programmé, il peut aussi stimuler un élevage impossible à soutenir, provoquer du pillage ou contaminer une récolte.
Cet article propose une démarche pratique pour distinguer les besoins en glucides, en pollen et en eau, évaluer les réserves et choisir entre sirop, pâte de nourrissement et complément protéiné. Les quantités indiquées sont des repères pour la Suisse et l’Europe centrale : elles doivent toujours être adaptées au type de ruche, à la force de la colonie, au climat, à l’altitude et aux ressources locales.
1. Nourrir une colonie : répondre à quel besoin ?
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Distinguer un manque d’énergie, de pollen ou d’eau avant de choisir un aliment. |
Les besoins alimentaires changent avec la saison et l’état de la colonie. Les glucides du nectar et du miel fournissent l’essentiel de l’énergie nécessaire au vol, à la thermogenèse, à la ventilation, à la production de cire et au fonctionnement général. Le pollen apporte notamment protéines, acides aminés indispensables, lipides et stérols. L’eau participe au métabolisme, à la préparation de la nourriture larvaire, à la dilution des réserves concentrées et au refroidissement par évaporation (Brodschneider & Crailsheim, 2010).
Ces ressources ne sont pas interchangeables. Un sirop corrige un déficit énergétique, mais ne remplace pas le pollen. Une pâte protéinée ne corrige pas une ruche trop légère. Et une grande réserve de miel ne garantit pas que les abeilles disposent d’assez d’eau pour la mobiliser rapidement.
2. Glucides : miel, nectar et aliments sucrés
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Comprendre ce que les aliments sucrés peuvent remplacer et éviter les sucres ou préparations à risque. |
Les abeilles transforment le nectar en miel en retirant une partie de son eau, en ajoutant des enzymes et en le stockant dans les cellules. Le miel est avant tout une réserve énergétique concentrée. Il ne faut toutefois pas opposer simplement nectar « difficile à digérer » et miel « facile à digérer » : la concentration en eau influence surtout le transport, la conservation, la dilution et le travail de stockage.
Pour le nourrissement, le saccharose correctement dissous et les sirops commerciaux destinés aux abeilles sont les options les mieux maîtrisées. Les abeilles utilisent bien le saccharose, le glucose, le fructose et plusieurs autres sucres présents dans le nectar et le miel. En revanche, certains sucres ou mélanges complexes sont peu assimilés ou peuvent devenir nocifs à concentration élevée. Il faut donc éviter la mélasse, les déchets de confiserie, les sirops de composition inconnue et les recettes acidifiées ou longuement chauffées.
Le chauffage excessif et le stockage prolongé de produits riches en fructose favorisent la formation d’hydroxyméthylfurfural (HMF), toxique pour les abeilles à dose suffisante. Il n’existe cependant ni « âge limite » universel du miel de quatre ans, ni vitesse fixe de formation du HMF : la température, la durée, le pH et la composition du produit sont déterminants (LeBlanc et al., 2009 ; EFSA, 2022).
Le miel provenant d’une autre exploitation ne devrait pas être distribué : il peut transmettre des spores de loque américaine et déclencher du pillage. Même le miel du propre rucher ne doit être rendu aux colonies que si son origine sanitaire est certaine et si son utilisation ne risque pas d’adultérer une récolte.
3. Pollen, protéines, acides aminés, lipides et minéraux
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Évaluer la ressource pollinique sans réduire sa valeur à la teneur en protéines ou au nombre de couleurs. |
3.1. Du pollen au pain d’abeille
Lors de la récolte et du stockage, le pollen est mélangé à des sécrétions et à du nectar ou du miel, compacté dans les cellules puis acidifié. Cette transformation favorise sa conservation. Les données disponibles ne démontrent toutefois ni amélioration nutritionnelle générale par fermentation, ni augmentation systématique de la digestibilité ou de la teneur en nutriments. Le pain d’abeille est donc mieux décrit comme du pollen préparé et conservé que comme un aliment « enrichi » par les microbes (Anderson et al., 2014).
Les jeunes ouvrières, surtout à l’âge où elles assurent les tâches de nourrices, sont les principales consommatrices de pollen (Crailsheim et al., 1992). Elles transforment les nutriments ingérés en sécrétions glandulaires destinées aux larves, à la reine et à d’autres abeilles. Les larves reçoivent surtout une nourriture élaborée par les nourrices ; elles ne consomment pas simplement de grandes quantités de grains de pollen.
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3.2. La qualité ne se résume pas aux protéines brutes
La composition varie fortement entre espèces végétales, mais aussi avec le génotype et les conditions de croissance. La valeur nutritionnelle dépend notamment de la quantité et de la qualité des protéines, du profil des dix acides aminés indispensables aux abeilles, des lipides, des stérols et de la fraction effectivement digérée. Deux pollens ayant la même teneur en protéines peuvent donc produire des effets biologiques différents, et la diversité botanique ne compense pas automatiquement une source de faible qualité (Di Pasquale et al., 2013).
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Les lipides ne servent pas uniquement de réserve énergétique : les acides gras participent aux membranes et les abeilles ne peuvent pas synthétiser seules les stérols dont elles ont besoin. Les minéraux sont également indispensables, mais une concentration élevée n’est pas automatiquement bénéfique et ne justifie pas une supplémentation empirique.
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4. Eau : une ressource variable et rarement stockée durablement
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Relier les besoins en eau à l’élevage, à la chaleur et à la concentration des aliments plutôt qu’à une quantité fixe. |
L’eau provient du nectar, des aliments dilués, de la récolte extérieure et, dans certaines conditions, de la condensation. Elle est aussi perdue par respiration, évaporation et excrétion. Le bilan hydrique de la colonie varie donc continuellement avec la température, l’humidité, le couvain, la force de la colonie, l’activité de vol et la teneur en eau des ressources.
L’eau sert notamment à préparer et diluer la nourriture larvaire et à refroidir le nid par évaporation. Lors d’un stress thermique expérimental, retirer l’accès à l’eau fait remonter la température du couvain malgré la ventilation ; le rétablir permet le refroidissement (Ostwald et al., 2016). Une étude semi-contrôlée menée sur 24 colonies montre aussi que la collecte augmente avec la taille de la colonie et lors des journées chaudes, sans fournir pour autant un seuil ou un volume universel applicable à tous les ruchers (Le Bivic et al., 2025).
Il faut donc abandonner trois règles trop simples : une humidité fixe de 70 % ne constitue pas une consigne de conduite, un litre d’eau par semaine n’est pas une consommation standard, et la présence de condensation en hiver ne garantit pas que la colonie dispose toujours de l’eau nécessaire. Les abeilles peuvent éliminer de l’eau par plusieurs voies et consomment régulièrement du nectar ; l’affirmation inverse est physiologiquement incorrecte.
Conséquence pratique : installer tôt un abreuvoir stable, propre, accessible et protégé de la noyade, surtout lorsque les sources naturelles sont incertaines. Une préférence observée pour une eau minéralisée ne démontre ni une carence ni un bénéfice sanitaire. Les effluents d’élevage et les eaux contaminées restent à éviter.
- Quelle eau pour nos abeilles ?
- La collecte de l’eau et de son stockage
- Collecte d’eau chez les abeilles mellifères : influence de la météo et de la taille des colonies
5. Réserves individuelles et réserves de la colonie
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Distinguer les réserves corporelles des abeilles et les stocks accessibles dans les rayons. |
Le corps gras est un tissu métabolique diffus, surtout développé dans l’abdomen, et non une réserve unique située sous un seul tergite. Il stocke et transforme des nutriments, participe à l’immunité et interagit avec la vitellogénine. Les abeilles d’hiver possèdent généralement un corps gras et des réserves protéiques plus développés que les ouvrières d’été, mais la longueur apparente de l’abdomen ne permet pas à elle seule d’évaluer leur qualité.
Les réserves collectives se trouvent dans les rayons : le miel ou les aliments transformés fournissent surtout des glucides, tandis que le pollen stocké entoure souvent le couvain. Leur quantité ne suffit pas : les réserves doivent rester accessibles à la grappe lorsque le froid empêche les abeilles de se déplacer latéralement.
5.1. Le pollen stocké n’a pas une date limite universelle
Les abeilles préfèrent généralement le pollen récemment stocké, et certains nutriments peuvent se dégrader avec le temps. Mais les données ne permettent pas d’affirmer que tout pain d’abeille se détériore fortement après deux mois. L’âge, la température, l’humidité, l’origine botanique et les contaminants interagissent. Un cadre ancien ou moisi ne doit pas être considéré comme équivalent à une rentrée fraîche de pollen.
5.2. Le miel operculé se conserve, mais pas selon une horloge fixe
Dans de bonnes conditions, le miel operculé est une réserve durable. Le risque de fermentation dépend de sa teneur en eau, de la présence de levures, de la température et de la durée de stockage ; il ne disparaît pas simplement en dessous de 20 °C. Le HMF augmente surtout sous l’effet du chauffage et du vieillissement, sans justifier une « date optimale » uniforme pour les abeilles.
6. Reconnaître une carence sans confondre les causes
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Interpréter ensemble le poids, le couvain, les apports et la santé de la colonie. |
Une forte pénurie peut réduire l’élevage, conduire au cannibalisme larvaire, limiter le développement des glandes hypopharyngiennes et affaiblir les futures ouvrières. Ces signes ne sont toutefois pas spécifiques. Un couvain clairsemé ou cannibalisé peut aussi résulter d’un refroidissement, d’une maladie, de varroa, d’une intoxication, d’une reine défaillante ou d’un déséquilibre entre nourrices et larves.
| Observation | Ce qu’elle renseigne | Ce qu’il faut encore vérifier |
|---|---|---|
| Ruche légère ou cadres presque vides | Risque énergétique immédiat | Position de la grappe, durée du mauvais temps, accès réel aux réserves |
| Peu de pollen visible | Petit tampon pollinique | Rentrées actuelles, surface de couvain, floraisons proches |
| Réduction ou cannibalisme du couvain | Stress possible | Reine, maladies, varroa, température, intoxication et rapport nourrices/couvain |
7. Nourrir au bon moment
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Adapter la forme et la quantité de nourriture à l’urgence, à la saison et à l’objectif. |
7.1. Fin d’hiver et printemps
Il n’existe pas de dose printanière minimale valable pour toutes les colonies. Une colonie lourde, disposant de réserves accessibles et bénéficiant d’une miellée proche, n’a pas besoin de quatre litres de sirop « par principe ». En revanche, une colonie légère doit être sécurisée immédiatement. Par temps froid, une pâte de nourrissement placée directement au-dessus de la grappe est généralement plus accessible qu’un sirop froid.
Le nourrissement dit de stimulation peut accroître l’élevage dans certaines conditions, mais son effet n’est ni automatique ni sans coût. Davantage de couvain augmente les besoins ultérieurs en nourriture, en pollen et en chaleur et peut accentuer le risque d’essaimage. Avant une récolte, tout nourrissement doit être arrêté suffisamment tôt et les hausses destinées au miel ne doivent pas être présentes.
7.2. Disette en saison
Lorsqu’une période sans ressources menace le couvain ou les réserves, apporter un aliment énergétique en petites quantités peut éviter la rupture. Nourrir le soir, réduire les entrées si nécessaire, éviter les coulures et utiliser un nourrisseur étanche réduit le risque de pillage. Le déplacement vers un emplacement mieux pourvu et l’amélioration durable de l’offre florale restent préférables à une dépendance permanente au nourrissement.
7.3. Fin de saison et hivernage
Après la dernière récolte, l’objectif est de compléter rapidement les réserves sans laisser les abeilles d’hiver effectuer l’essentiel du travail de transformation. Pour une colonie de production en Suisse, 15 à 20 kg de nourriture stockée constituent un ordre de grandeur courant ; environ 20 kg ou davantage peuvent être nécessaires en montagne, lors d’un hiver long ou dans certaines configurations de ruche. Ce chiffre décrit les réserves présentes, pas la quantité de sirop à verser.
La quantité à distribuer se calcule donc à partir de ce qui est déjà stocké. Un sirop concentré convient au complément principal de fin de saison. Il faut coordonner le nourrissement avec le concept de lutte contre varroa, limiter le pillage et vérifier le poids ou les cadres vers la fin septembre. Un automne doux n’impose pas automatiquement d’augmenter toutes les rations : il justifie surtout une surveillance prolongée, car l’élevage et l’activité peuvent accroître la consommation.
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8. Pâte de nourrissement : surtout un aliment d’urgence
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Utiliser la pâte près de la grappe lorsqu’un apport liquide serait inaccessible ou trop tardif. |
La pâte de nourrissement est utile lorsqu’une colonie risque de mourir de faim en hiver ou à la sortie de l’hiver. Elle doit être placée au contact thermique de la grappe, généralement au-dessus des abeilles. Elle ne remplace pas un nourrissement d’automne correctement planifié : elle est moins facilement stockée et les abeilles ont besoin d’eau pour la liquéfier et l’ingérer.
Une consommation moyenne d’un kilogramme par mois n’est pas une règle fiable. La prise dépend de la population, du couvain, de la température, de l’accès au produit et des réserves restantes. La pâte n’est pas davantage un dispositif de régulation de l’humidité : elle peut absorber localement de l’eau en surface, mais rien ne démontre qu’elle assèche utilement la ruche ou remplace une construction saine et une bonne gestion de la condensation.
Si de la pâte reste au printemps, contrôler sa consommation et l’enlever avant la pose des hausses afin d’éviter toute incorporation de sucre de nourrissement dans le miel. Voir aussi : Façonner son candi.
9. Nourrissement protéiné, additifs et probiotiques
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Réserver les compléments aux situations où le manque est plausible et l’objectif biologique explicite. |
Les pâtes protéinées peuvent soutenir l’élevage lorsque le pollen naturel est réellement limité, mais elles ne sont pas équivalentes à un pollen de bonne qualité. Leur composition, leur appétence et leur effet sur la colonie varient fortement. Les études de terrain rapportent des résultats positifs, neutres ou parfois défavorables selon le produit, la saison et l’offre naturelle (Mortensen et al., 2019 ; Noordyke & Ellis, 2021).
Une utilisation raisonnable suppose donc trois conditions :
- un déficit pollinique probable ou documenté, et non le simple comptage des couleurs ;
- du couvain à soutenir ou un objectif d’élevage clairement défini ;
- un produit de composition connue, frais, appétent et distribué de manière hygiénique.
Le pollen incorporé à une pâte peut transmettre des agents pathogènes s’il ne provient pas d’une source sûre. Les préparations humides peuvent aussi se dessécher, moisir ou favoriser le petit coléoptère de la ruche là où il est présent. Retirer les restes non consommés et noter la prise réelle.
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9.1. Additifs et probiotiques
Une substance végétale, une vitamine ou une bactérie ne devient pas utile simplement parce qu’elle est ajoutée au sirop. Les effets observés en cagette, avec une souche et une dose précises, ne peuvent pas être généralisés à toutes les colonies ni à tous les produits commerciaux. À ce jour, les preuves sont insuffisantes pour recommander une supplémentation prophylactique systématique en probiotiques, extraits végétaux, algues ou vitamines.
Le microbiote intestinal des ouvrières s’établit surtout par les contacts sociaux et l’environnement de la colonie. Cela ne signifie pas que toute souche vendue comme « probiotique » s’y implante ou améliore la santé. Un bénéfice doit être démontré pour le produit, la dose, la situation et le résultat revendiqué.
10. Guide de décision pratique
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Choisir l’intervention la plus simple qui corrige le déficit observé sans créer un nouveau risque. |
| Situation | Réponse possible | À contrôler ensuite |
|---|---|---|
| Faim imminente par temps froid | Cadre de nourriture sain et accessible ou pâte directement au-dessus de la grappe | Prise, poids, proximité du couvain, eau disponible |
| Réserves insuffisantes après la récolte | Sirop concentré, donné assez tôt et sans hausse à miel | Quantité réellement stockée, pillage, calendrier varroa |
| Disette avec couvain et réserves polliniques faibles | Sécuriser d’abord l’énergie ; envisager un complément protéiné si le déficit pollinique persiste | Consommation de la pâte, évolution du couvain, reprise des rentrées |
| Colonie forte avec réserves et ressources naturelles | Ne pas nourrir sans objectif précis | Poids et continuité des floraisons |
Comment évaluer un produit ou une pratique dans son rucher ?
Une comparaison locale peut être utile, mais dix colonies par groupe ne garantissent pas une conclusion fiable. Il faut répartir les colonies au hasard entre les groupes, mesurer leur état initial, appliquer le même calendrier, noter la consommation et suivre plusieurs résultats : abeilles adultes, couvain, réserves, santé et production. Les effets du rucher, de la reine et de la saison peuvent facilement masquer ou imiter un effet du produit. Une observation personnelle constitue donc une indication pour son exploitation, pas une preuve générale.
Un complément alimentaire est-il forcément sans danger ?
Non. Le risque dépend de sa composition, de la dose, de la conservation, des contaminants, du moment de distribution et de l’état de la colonie. L’absence d’effet négatif visible ne démontre pas l’innocuité, et un effet obtenu en laboratoire ne suffit pas à établir un bénéfice au rucher.
Quelle règle résume le mieux le nourrissement ?
Compléter ce qui manque, au moment où la colonie peut l’utiliser, puis vérifier l’effet réel. Le nourrissement est une mesure corrective ou un outil de conduite ciblé ; il ne remplace ni les réserves naturelles, ni un bon emplacement, ni la maîtrise de varroa.
Voir aussi :
- Principes du nourrissement des abeilles
- Aide-mémoire : 4.2 Nourrissement
- Nourrir les abeilles en protéines : utile ou surestimé ?
- Quel sirop choisir pour le nourrissement d’hiver
- Façonner son candi
- Tout savoir sur le pollen
Références
- Anderson, K. E., Carroll, M. J., Sheehan, T., Mott, B. M., Maes, P., & Corby-Harris, V. (2014). Hive-stored pollen of honey bees: Many lines of evidence are consistent with pollen preservation, not nutrient conversion. Molecular Ecology, 23(23), 5904–5917. https://doi.org/10.1111/mec.12966
- Brodschneider, R., & Crailsheim, K. (2010). Nutrition and health in honey bees. Apidologie, 41(3), 278–294. https://doi.org/10.1051/apido/2010012
- Crailsheim, K., Schneider, L. H. W., Hrassnigg, N., Bühlmann, G., Brosch, U., Gmeinbauer, R., & Schöffmann, B. (1992). Pollen consumption and utilization in worker honeybees (Apis mellifera carnica): Dependence on individual age and function. Journal of Insect Physiology, 38(6), 409–419.
- Di Pasquale, G., Salignon, M., Le Conte, Y., Belzunces, L. P., Decourtye, A., Kretzschmar, A., Suchail, S., Brunet, J.-L., & Alaux, C. (2013). Influence of pollen nutrition on honey bee health: Do pollen quality and diversity matter? PLOS ONE, 8(8), e72016. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0072016
- EFSA Panel on Contaminants in the Food Chain (CONTAM). (2022). Evaluation of the risks for animal health related to the presence of hydroxymethylfurfural (HMF) in feed for honey bees. EFSA Journal, 20(4), e07227. https://doi.org/10.2903/j.efsa.2022.7227
- Le Bivic, P., Alaux, C., Gay, C., Vidau, C., Le Conte, Y., Belzunces, L. P., & Pioz, M. (2025). Effects of weather and colony size on water collection in honey bee, Apis mellifera, colonies. Animal Behaviour, 227, 123271. https://doi.org/10.1016/j.anbehav.2025.123271
- LeBlanc, B. W., Eggleston, G., Sammataro, D., Cornett, C., Dufault, R., Deeby, T., & St. Cyr, E. (2009). Formation of hydroxymethylfurfural in domestic high-fructose corn syrup and its toxicity to the honey bee (Apis mellifera). Journal of Agricultural and Food Chemistry, 57(16), 7369–7376. https://doi.org/10.1021/jf9014526
- Mortensen, A. N., Jack, C. J., Bustamante, T. A., Schmehl, D. R., & Ellis, J. D. (2019). Effects of supplemental pollen feeding on honey bee (Hymenoptera: Apidae) colony strength and Nosema spp. infection. Journal of Economic Entomology, 112(1), 60–66. https://doi.org/10.1093/jee/toy341
- Noordyke, E. R., & Ellis, J. D. (2021). Reviewing the efficacy of pollen substitutes as a management tool for improving the health and productivity of western honey bee (Apis mellifera) colonies. Frontiers in Sustainable Food Systems, 5, 772897. https://doi.org/10.3389/fsufs.2021.772897
- Ostwald, M. M., Smith, M. L., & Seeley, T. D. (2016). The behavioral regulation of thirst, water collection and water storage in honey bee colonies. Journal of Experimental Biology, 219(14), 2156–2165. https://doi.org/10.1242/jeb.139824















