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Un couvain lacunaire prouve-t-il que la reine est défaillante ?

Lors d’une visite, vous observez un couvain lacunaire. La reine est présente et entourée d’ouvrières. Quelles affirmations permettent de bien interpréter la situation ?
Plusieurs réponses sont correctes.

  1. Le couvain lacunaire prouve que la reine est défaillante.
  2. En cas de manque de pollen, les ouvrières peuvent consommer des œufs et de jeunes larves, ce qui peut modifier l’aspect du couvain.
  3. La présence d’une cour autour de la reine garantit qu’elle pond des œufs fécondés donnant des ouvrières.
  4. L’aspect du couvain d’une même reine peut varier selon la colonie qui l’élève.
  5. L’âge de la reine suffit à diagnostiquer un épuisement de sa réserve de sperme.
  6. Avant de remplacer la reine, il convient de vérifier les réserves, la santé du couvain et l’infestation par varroa, puis de consigner les observations.

Réponses correctes : 2, 4 et 6.

Pourquoi ?

  • 1 — Faux. Le couvain visible dépend non seulement de la ponte, mais aussi du devenir des œufs et des larves. L’alimentation, les soins des ouvrières et l’état sanitaire de la colonie peuvent intervenir.
  • 2 — Vrai. Dans des expériences, une pénurie de pollen a conduit les ouvrières à consommer des œufs et de jeunes larves. Les ressources peuvent également influencer la ponte. Cela ne prouve toutefois pas qu’un manque de pollen soit la cause dans la colonie observée.
  • 3 — Faux. La présence d’une cour ne fournit pas un diagnostic complet de la capacité reproductrice. Les signaux royaux ne garantissent pas, à eux seuls, la production de couvain d’ouvrières. Il faut donc aussi examiner la nature du couvain présent.
  • 4 — Vrai. Dans l’étude de Lee et ses collègues (2019), le couvain de reines provenant de colonies au couvain lacunaire s’est nettement amélioré après leur transfert dans d’autres colonies. Ce résultat montre le rôle de la colonie éleveuse, sans exclure que la reine puisse parfois être en cause.
  • 5 — Faux. L’âge est une information utile, mais ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer la quantité ou la viabilité du sperme stocké. Il ne suffit pas non plus à déduire une baisse de production des phéromones liée au vieillissement.
  • 6 — Vrai. L’évaluation doit considérer ensemble la reine, le couvain, les ressources et l’état sanitaire. Des observations répétées et la chronologie des événements aident à prendre une décision fondée.

Ce qu’il faut comprendre

L’aspect du couvain résulte d’interactions : la reine pond, les ouvrières élèvent la progéniture, et les ressources ainsi que l’état sanitaire influencent ces deux activités. Un couvain lacunaire n’est donc pas une mesure isolée de la qualité de la reine. Ses signaux chimiques ne fournissent eux aussi qu’une partie des informations sur son état reproducteur.

À retenir

Ne pas juger une reine sur le seul aspect lacunaire du couvain. Vérifier les réserves, la nature du couvain, les signes de maladie et l’infestation par varroa, tenir compte des interventions précédentes et documenter l’évolution. Les aide-mémoire du Service sanitaire apicole accompagnent cette démarche.

Pour approfondir

► Comment une colonie évalue sa reine

► Aide-mémoire : 4.7.3 Reconnaître des colonies saines

► Phéromones royales

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