Comment une colonie évalue sa reine

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Pourquoi une colonie remplace-t-elle une nouvelle reine après quelques semaines, alors qu’elle en conserve une autre malgré un couvain lacunaire ? Cet article explique comment les signaux de la reine, du couvain et de la colonie se combinent, et ce qu’ils nous apprennent pour évaluer, introduire ou encager une reine.
Une reine introduite est acceptée, pond, puis disparaît trois semaines plus tard au profit d’une fille. Une colonie élève des cellules royales pendant que sa reine est encagée pour le traitement contre varroa. Une autre conserve pendant des mois une reine au couvain lacunaire. Ces situations de rucher posent la même question : sur quoi les ouvrières se fondent-elles pour garder, refuser ou remplacer une reine ?
Les ouvrières réagissent à plusieurs informations dont les effets se combinent dans le temps : les substances royales, notamment les phéromones, et leur transmission par contact, les signaux du jeune couvain, ainsi que l’état de la colonie, ses ressources et la saison. On peut décrire cette combinaison comme un équilibre dynamique : la colonie nourrit la reine, élève le couvain et modifie ainsi les signaux auxquels elle répond. Cette image aide à relier les observations ; elle ne désigne ni un équilibre physiologique mesuré ni une règle permettant de prédire un remplacement. Le « seuil collectif » représenté dans la figure 1 reste une hypothèse de déclenchement variable, et non une valeur fixe démontrée (Tarpy, 2024).
Le mot « évaluer » désigne ici l’ajustement des comportements après réception d’informations biologiques, sans jugement conscient ni diagnostic complet de la fertilité. Les trois premières parties présentent les mécanismes et les limites des expériences. Les encadrés « Conséquences pratiques » rassemblent les repères utiles au rucher. La quatrième partie précise les méthodes, leurs calendriers et leurs conditions d’application.
Pour lire les niveaux de preuve : « Résultat expérimental » décrit une observation dans les conditions de l’essai ; « Résultats concordants » rapproche plusieurs travaux ; « Hypothèse » signale une explication non directement testée ; « Question ouverte » indique ce qui reste indéterminé. Une « Recommandation SSA » est un conseil technique officiel, pas la preuve expérimentale de chaque mécanisme invoqué. Une « Option raisonnée » est une conduite justifiée par le contexte, sans comparaison validant sa supériorité. La mention « Non établi » signale une affirmation que les sources citées ne suffisent pas à soutenir.
- Les signaux de la reine, du couvain et du contexte se complètent ; aucun ne suffit à apprécier toute la qualité d’une reine. Résultats concordants.
- Le retrait des œufs et des jeunes larves a déclenché un élevage royal dans six colonies sur neuf avec reine, contre une sur neuf témoins. Résultat expérimental limité (Pettis et al., 1997).
- Des cellules royales peuvent être abandonnées ; leur présence ne garantit ni l’émergence d’une reine ni un remplacement. Résultats concordants.
- Avant une introduction, préparer la colonie selon la méthode choisie et vérifier l’absence d’une autre reine et de cellules royales concurrentes. Recommandation SSA 4.5.2.
- Distinguer neuf jours de véritable orphelinage avant introduction (SSA) et contrôle des cellules après neuf jours d’encagement sans ponte (protocole allemand). Une reine encagée encore présente ne rend pas automatiquement la colonie orpheline.
- Devant un couvain lacunaire ou une absence d’œufs, examiner d’abord l’histoire de la colonie, les réserves, le couvain et l’état sanitaire.
- Question ouverte — La détection d’un arrêt de ponte indépendamment du couvain et des autres effets de l’encagement n’est pas isolée par les travaux présentés ici.
1 Ce que perçoivent les ouvrières
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Les ouvrières reçoivent des informations de la reine, du jeune couvain et de leur environnement social. Ces signaux complémentaires ne fournissent pas, isolément, un diagnostic complet de la qualité de la reine. |
Un mélange de substances, et non une seule molécule
La phéromone mandibulaire royale, ou QMP (Queen Mandibular Pheromone), est un mélange de cinq composés qui attire les ouvrières et freine l’élevage royal. Elle ne résume pas la communication chimique de la reine : Keeling et al. (2003) ont identifié quatre composés supplémentaires, dont l’oléate de méthyle, qui renforcent, en association avec la QMP, la formation de la cour, ce groupe d’ouvrières qui entoure la reine. Le signal royal est donc un assemblage dont l’effet dépend de l’ensemble plutôt que d’une molécule unique.
Plusieurs sources chimiques peuvent remplir des fonctions en partie communes : on parle de redondance. Maisonnasse, Alaux, et al. (2010) ont retiré les glandes mandibulaires de jeunes reines vierges. Même sans quantité détectable de 9-ODA, l’un des composants de la QMP, ces reines attiraient encore une cour, freinaient le développement des ovaires des ouvrières et empêchaient la construction d’ébauches royales, sans différence détectée par rapport aux reines témoins pour ces mesures. Une reine peut donc garder son influence même lorsqu’une de ses sources chimiques est altérée.
Une partie du signal reflète l’état reproducteur. Deux jours après l’accouplement ou l’insémination, les profils mandibulaires différaient selon l’activation des ovaires, et les ouvrières préféraient les extraits des reines les plus avancées (Kocher et al., 2009). Cependant, Strauss et al. (2008) n’ont pas pu séparer, par l’ensemble des composés mandibulaires analysés, des reines pondeuses de mâles et des reines normalement fécondées. Une reine pondeuse de mâles produit des œufs non fécondés ; cela peut notamment résulter d’une absence de fécondation ou d’une défaillance du sperme stocké. Ce cas ne doit pas être confondu avec des ouvrières pondeuses. Chez des reines en ponte continue, la QMP variait aussi selon la saison sans modification mesurée de la cour (Carroll et al., 2023).
Conséquence pratique : la présence d’un signal royal ne garantit pas que la reine produise du couvain d’ouvrières. Pour l’apiculteur, l’observation de la nature du couvain reste donc indispensable au diagnostic.
Une information qui circule par contact
La reine ne diffuse pas une odeur uniformément répartie dans la ruche. Ses phéromones sont d’abord transmises aux abeilles de sa cour, puis d’abeille en abeille ; la cire sert aussi de réservoir et de support (Naumann et al., 1991). En suivant automatiquement les déplacements dans dix colonies à Lausanne, Richardson et al. (2024) ont observé que des ouvrières, après un contact avec la reine, se déplacent plus vite et plus directement, et que les abeilles de trois à cinq jours jouent un rôle de relais important.
La reine marque aussi les surfaces avec ses pattes. Dans des colonies surpeuplées, où elle n’atteignait plus le bas des rayons, des cupules d’essaimage apparaissaient sur les bords inférieurs ; l’application de sécrétions tarsales et mandibulaires sur ces bords les inhibait (Lensky & Slabezki, 1981). De même, l’effet de la QMP sur l’essaimage dépendait de l’encombrement de la ruche (Winston et al., 1991), et dans les colonies populeuses une moindre proportion d’abeilles portait des quantités détectables de phéromone (Naumann et al., 1993).
Interprétation biologique — Les déplacements de la reine et les relais par les ouvrières participent à la transmission des substances royales. Une restriction des contacts peut donc modifier cette transmission ; son effet exact dépend du dispositif. Une baisse systématique de production de phéromones avec l’âge, ou une diminution identique sous toute cage ou partition, n’est pas établie par ces résultats.
Le jeune couvain parle lui aussi
Le couvain renseigne sur la reproduction effectivement réalisée. Les larves émettent des esters et de l’E-β-ocimène, qui freinent notamment le développement des ovaires des ouvrières et modulent l’âge d’entrée au butinage (Maisonnasse, Lenoir, et al., 2010). L’E-β-ocimène a aussi été détecté sur des rayons portant des œufs (Noël et al., 2023) et parmi les émissions de reines en ponte (Gilley et al., 2006) ; sa fonction exacte dans l’évaluation de la reine reste à démontrer.
Pettis et al. (1997) ont retiré les œufs et les jeunes larves de colonies où une reine saine était présente : six colonies sur neuf ont commencé un élevage royal, contre une sur neuf après une manipulation témoin. Le retrait du jeune couvain a donc pu déclencher cette réponse dans les conditions de l’expérience. L’essai ne sépare ni l’effet des œufs de celui des larves, ni les signaux chimiques du travail de nourrissement. Son effectif ne permet pas d’en tirer une fréquence attendue pour tous les ruchers.
Le couvain agit aussi sur la stabilité de la reine dans une colonie nouvellement constituée. Dans 45 paquets d’abeilles installés aux États-Unis, la reine initiale était encore présente après douze semaines dans 13 colonies sur 15 ayant reçu un cadre de couvain ouvert, contre 8 sur 15 avec un mélange de phéromones de couvain et 5 sur 15 dans le groupe témoin sans ces apports (Tarpy et al., 2021). Seul l’apport d’un cadre de couvain se distinguait significativement du témoin.
Interprétation biologique — Le jeune couvain peut contribuer au maintien de la reine, mais son retrait ne provoque pas systématiquement son remplacement. L’effet observé dans des paquets d’abeilles ne démontre pas qu’un ajout de couvain ouvert soit toujours bénéfique dans une colonie de production ou pendant une préparation de traitement hors couvain.
Le couvain visible est aussi l’œuvre de la colonie
Ce que l’apiculteur voit sur les cadres de couvain ne mesure pas seulement la ponte. Les ouvrières consomment des œufs et de jeunes larves lorsque le pollen manque (Schmickl & Crailsheim, 2001), et l’accès au pollen modifie le nombre d’œufs pondus (St. Clair et al., 2022). Lee et al. (2019) ont comparé des colonies de ruchers commerciaux au couvain « bon » ou « mauvais » : aucune mesure de qualité des reines ne distinguait les deux groupes. Après échange des reines entre 21 paires de colonies, le couvain des reines venant des colonies « mauvaises » s’est nettement amélioré en 21 jours dans leur nouvelle colonie.
- Les contacts participent à la transmission du signal royal. L’effet d’une cage ou d’un encombrement sur le remérage reste dépendant du contexte. Résultats et hypothèse à distinguer.
- Le jeune couvain contribue à la réponse collective. Son retrait a déclenché des cellules dans un essai avec reine ; il ne condamne pas automatiquement celle-ci. Résultat expérimental limité.
- Avant d’ajouter un cadre de couvain, vérifier l’état sanitaire de la colonie donneuse et la compatibilité avec le protocole d’introduction ou de traitement hors couvain.
- Devant un couvain lacunaire, vérifier ressources, maladies du couvain et varroa avant de décider de remplacer la reine.
- Ne pas utiliser un mélange de phéromones de synthèse comme substitut durable à une reine fonctionnelle : il ne reproduit qu’une partie de ses signaux.
2 Comment la colonie engage un élevage royal
| Sauveté, supersédure et essaimage ont des déclencheurs différents. Les observations s’interprètent dans un modèle dynamique où les réponses peuvent évoluer ou être abandonnées. |
Trois histoires différentes
Trois situations doivent être distinguées. L’élevage de sauveté répond à la perte de la reine et utilise le jeune couvain disponible ; dans l’essai de Fell et Morse (1984), les premières réactions étaient observées en six à douze heures et la construction de cellules royales commençait en 12 à 48 heures. La supersédure est le remplacement d’une reine encore présente, sans division de la colonie ; mère et fille peuvent coexister. L’essaimage est la reproduction par division de la colonie : l’ancienne reine part avec le premier essaim et des essaims secondaires peuvent emporter des reines vierges. Encombrement, développement de la population et saison interviennent dans sa préparation.
Le nombre et la position des cellules ne prouvent pas le diagnostic : Fell et Morse (1984) ont observé 11 à 49 cellules de sauveté, souvent en bas des cadres. Nombres fixes, supériorité systématique des reines de supersédure et « saturation en phéromones » comme cause générale d’essaimage ne sont pas établis.
Un équilibre dynamique entre signaux et réponses
Un signal isolé ne commande pas toutes les étapes de l’élevage. Dans des colonies orphelines, de la QMP apportée moins de 24 heures après le retrait de la reine réduisait l’initiation de cellules, mais un apport après quatre jours n’avait plus cet effet et ne faisait pas détruire les cellules déjà amorcées (Melathopoulos et al., 1996). Ce résultat porte sur cette intervention expérimentale ; il ne signifie pas que toute influence royale cesse dès qu’une cellule est commencée.
Le modèle conceptuel de Tarpy (2024) relie reine, couvain, ouvrières et milieu. La réponse à la QMP varie notamment selon l’origine génétique et la saison (Pankiw et al., 1994). L’équilibre dynamique décrit ces variations et les rétroactions ; il ne démontre ni une somme de signaux ni un seuil mesurable.
La figure 1 illustre ces rétroactions. Son « seuil collectif » représente une propension variable à engager l’élevage. Les voies de sauveté et d’essaimage peuvent se chevaucher au rucher.
Figure 1 – Modèle conceptuel des interactions entre reine, couvain et colonie. Trait plein : relation documentée ; pointillé : relation plausible ou hypothétique ; flèches vertes : rétroactions. Le « seuil collectif » du schéma est un repère hypothétique variable dans cet équilibre dynamique, sans valeur fixe mesurée ni pouvoir prédictif validé.
Pourquoi une reine faiblit
Plusieurs causes de défaillance sont documentées, sans qu’on sache toujours comment les ouvrières les perçoivent.
Les spermatozoïdes. Dans des ruchers américains, les reines de colonies jugées défaillantes avaient des spermatozoïdes moins viables que celles de colonies saines ; des températures extrêmes réduisaient aussi cette viabilité expérimentalement (Pettis et al., 2016). Un transport défavorable peut donc affecter une reine sans signe extérieur immédiat. L’âge mérite d’être relevé, mais ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer un épuisement du sperme ou une baisse des phéromones.
Les virus. Chapman et al. (2024) ont injecté un mélange de virus (BQCV et DWV-B) à de jeunes reines en ponte : deux sur neuf ont repris la ponte dans la semaine suivante, contre huit sur neuf témoins, et leurs ovaires étaient plus petits. Au rucher, la charge virale n’était qu’un indice statistique de la présence de cellules de supersédure.
Les pesticides. En Suisse, Sandrock et al. (2014) ont exposé des colonies à du pollen contenant du thiaméthoxame et de la clothianidine pendant environ six semaines. Au bilan annuel, six des dix colonies exposées encore suivies avaient remplacé leur reine, contre aucune des dix colonies témoins. L’essai ne sépare pas un effet direct sur la reine d’un effet sur les nourrices.
Le lien avec la chimie royale. McAfee et al. (2025) ont observé une diminution de l’oléate de méthyle après infection virale expérimentale et une association avec la masse ovarienne dans les prélèvements de terrain. Dans 30 petites colonies orphelines, réparties en trois groupes de dix, un apport unique de QMP avec oléate de méthyle a réduit trois indicateurs d’élevage royal après 52 heures par rapport à l’absence de phéromone : le score global des cellules, le nombre de cellules actives et le nombre de cellules contenant une larve nourrie (figure 2). Il s’agit d’une réduction de l’intensité de l’élevage, sans démonstration d’une suppression complète. La QMP seule n’atteignait pas la significativité, mais les deux traitements phéromonaux ne différaient pas significativement entre eux. Ces résultats étayent un lien possible entre infection, ovaires, chimie royale et réponse des ouvrières ; ils ne démontrent pas toute cette chaîne chez une reine présente qui cesse de pondre.
Figure 2 – Élevage royal dans 30 petites colonies orphelines, 52 heures après traitement : témoin sans phéromone (Control), QMP avec solvant, QMP avec oléate de méthyle (MO). A : score moyen des cellules ; B : cellules actives ; C : cellules nourries contenant une larve ; D : colonies avec cellules actives. n = 10 colonies par groupe ; barres d’erreur : écart-type ; valeurs P ajustées (Tukey). Adapté de McAfee et al. (2025), © les auteurs, licence CC BY 4.0.
Beaucoup de débuts, peu de remplacements
La construction de cellules royales ne garantit pas un remplacement. Au cours de quatre étés, Allen (1965) a suivi 81 colonies : toutes construisaient des cupules, environ la moitié élevaient des cellules occupées, mais plus de la moitié de ces élevages étaient abandonnés. Parmi les 25 colonies qui ont operculé des cellules, 19 ont remplacé leur reine, dont 16 par supersédure et 3 par essaimage. Aucun élevage royal n’a eu lieu dans les colonies dont la reine était de l’année. Dans un élevage de sauveté, les ouvrières détruisaient de leur côté 53 % des cellules amorcées (Hatch et al., 1999).
Une colonie qui a une reine fonctionnelle refuse en général la concurrence. Caron et Greve (1979) ont placé des cellules royales dans des colonies avec reine : la reine en ouvrait la paroi, puis les ouvrières les détruisaient ; lorsque la reine était encagée, les cellules ouvertes étaient au contraire réparées. Au Canada, des cellules royales placées dans la hausse de 100 colonies avec reine, pendant la miellée, n’ont donné une nouvelle reine que dans 6 % des cas ; 13 % des colonies avaient entre-temps remplacé leur reine par une de ses filles (Holmes et al., 2023).
- Des cellules royales peuvent être abandonnées avant l’émergence d’une reine. Résultats concordants.
- L’absence d’élevage chez les reines de l’année dans le suivi d’Allen n’est pas une règle générale excluant essaimage ou supersédure chez une jeune reine. Résultat de suivi limité.
- Pour un remérage planifié, préparer l’introduction et retirer l’ancienne reine selon la méthode choisie ; ne pas compter sur l’ajout d’une cellule royale en colonie avec reine.
- Pendant un encagement, observer aussi les cellules royales. Leur survie peut être favorisée par l’impossibilité pour la reine d’y accéder ; l’importance de ce mécanisme au rucher reste à mesurer.
- Après un remplacement précoce d’une reine nouvellement introduite, examiner ensemble transport, intégrité de la reine, couvain, état sanitaire et préparation de l’introduction ; aucun de ces facteurs n’est une cause démontrée pour le cas individuel.
3 Les connaissances et les incertitudes sur l’arrêt de ponte
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Un arrêt de ponte ne prouve pas à lui seul une défaillance de la reine. Les expériences éclairent plusieurs mécanismes possibles sans isoler une détection directe indépendante du couvain. |
La question de départ de cet article était de savoir si les ouvrières reconnaissent un arrêt de ponte indépendamment des signaux du couvain. Les travaux examinés ici ne permettent pas d’y répondre directement : aucun ne l’a testé de cette façon. Plusieurs résultats permettent cependant de cerner le phénomène.
L’expérience la plus proche. Orlova et al. (2020) ont rendu des reines fécondées d’un an incapables de pondre en obturant l’orifice de leur oviducte. Dans huit dispositifs à deux compartiments, avec 60 à 90 ouvrières, une reine intacte et une reine obturée étaient proposées ; la reine intacte était préférée dans six paires. Les reines obturées présentaient des modifications de leurs ovaires et de leurs sécrétions. L’essai est petit, sans manipulation factice, et seules deux des reines intactes ont réellement pondu pendant l’essai. Il montre que des ouvrières peuvent distinguer une reine altérée dans sa reproduction ; il ne montre ni le signal en cause ni une supersédure.
Un arrêt saisonnier ne prouve pas une défaillance. La ponte peut ralentir ou s’interrompre avec la saison et les ressources. Une pénurie expérimentale de pollen a provoqué la consommation d’œufs et de jeunes larves par les ouvrières (Schmickl & Crailsheim, 2001). Avant l’essaimage, une réduction de l’alimentation de la reine accompagne une forte régression ovarienne et prépare le vol ; cet état est réversible (Liu et al., 2026). Au rucher, dater les disettes, la météo et les variations de ponte aide au diagnostic. En revanche, attribuer des arrêts répétés au changement climatique dans un rucher donné n’est pas établi sans suivi local des ressources, de la ponte et des autres causes possibles.
Une reine empêchée de pondre change-t-elle ? Chez de jeunes reines maintenues en banque, les ovaires étaient plus petits et l’oléate de méthyle moins abondant que chez leurs sœurs restées en ponte (McAfee et al., 2025). Une banque de reines, une cagette de transport et un encagement de traitement dans la colonie n’offrent pas les mêmes conditions. On ne peut donc pas en déduire une durée maximale universelle de stockage, ni prédire la chimie ou le devenir d’une reine établie encagée au rucher.
La ponte comme signal de réussite. Des colonies orphelines construisaient des cellules de mâles jusqu’à ce que leur nouvelle reine ponde des œufs fécondés, puis modifiaient cette construction (Smith, 2018). Dans des paquets simulant des essaims, une reine vierge ou la QMP seule suffisaient pourtant à orienter la construction (Ledoux et al., 2001). Ce que les ouvrières détectent exactement reste ouvert.
- Les travaux présentés ne démontrent pas que les ouvrières comptent les œufs ni qu’elles détectent directement tout arrêt de ponte. Les voies de détection restent partiellement ouvertes.
- Un arrêt lié à la saison, à une disette ou à la préparation d’un essaimage n’est pas, à lui seul, un signe de défaillance.
- Dater l’arrêt, examiner les réserves et les cellules disponibles pour la ponte, puis vérifier reine, couvain et état sanitaire avant d’intervenir.
- Avant l’introduction d’une reine livrée en cagette, relever la date de prélèvement, la durée et les conditions de transport ou de stockage. Ne pas transposer un essai de banque à un stockage prolongé sans suivi.
4 Les décisions au rucher
| L’introduction, l’encagement et la gestion des cellules royales nécessitent des calendriers et des diagnostics adaptés. Les recommandations du SSA sont distinguées des résultats expérimentaux et des options raisonnées. |
Comment introduire une reine fécondée dans une colonie de production
Aucune méthode n’est supérieure dans toutes les situations. Les essais et le SSA soulignent la préparation de la colonie, l’état de la reine et le calendrier ; cela ne prouve pas que la cage soit toujours un facteur secondaire. Les recommandations ci-dessous se réfèrent à l’aide-mémoire SSA 4.5.2, version 2603, consulté le 24 octobre 2026.
1. Vérifier la colonie receveuse. Écarter une reine oubliée, y compris vierge, et les cellules royales concurrentes avant l’introduction. Butler et Simpson (1956) obtenaient au moins 90 % de réussite avec une cage simple lorsque la reine retirée était fécondée et en ponte, avec moins de succès en présence de cellules royales. Cela ne constitue pas une garantie individuelle.
2. Choisir une méthode et son délai. Pour la méthode SSA avec orphelinage, compter neuf jours révolus depuis le retrait de l’ancienne reine. À cette visite, examiner tous les cadres, supprimer toutes les cellules royales et introduire la reine en cagette fermée au candi. L’absence de jeunes larves utilisables limite alors une nouvelle solution de sauveté. Les neuf jours sont un repère technique ; ils ne démontrent pas un seuil universel d’acceptation.
Cette attente n’est pas obligatoire dans toutes les méthodes : le SSA décrit aussi des remplacements sans long orphelinage. Il signale la difficulté fréquente d’introduire entre un et sept jours après le retrait, lorsque l’élevage de sauveté est engagé. Pérez-Sato et al. (2008) ont obtenu une acceptation complète de reines fécondées introduites directement sous enfumage après deux jours, dans les colonies de leur essai. Ce résultat ne valide pas un délai universel de deux jours pour toute colonie forte.
3. Favoriser les conditions d’accueil. Des ouvrières jeunes acceptaient mieux une reine vierge que des ouvrières plus âgées dans l’essai de Szabo et Townsend (1974). Ce résultat soutient l’intérêt des jeunes abeilles sans prouver l’efficacité de chaque méthode. Le SSA décrit notamment l’introduction sur couvain naissant, avec libération lente ou par réunion avec une unité de fécondation.
4. Remplacer une reine par une reine du même type. Il est plus facile d’introduire une reine semblable à celle qui a été retirée : féconde pour féconde, vierge pour vierge (Butler & Simpson, 1956). Les reines fécondées sont mieux acceptées que les vierges (Pérez-Sato et al., 2008). Résultats concordants de plusieurs essais.
5. Nourrir et limiter les dérangements. Le SSA conseille de nourrir et de contrôler après une semaine, dix jours en libération lente. Des œufs ou du jeune couvain suffisent, sans rechercher la reine. Éviter les traitements varroa pendant les trois semaines suivantes, sauf l’acide oxalique sur essaims artificiels avant operculation du premier couvain. Prévoir ensemble introduction et lutte varroa ; pour un changement en fin d’arrêt de ponte, utiliser le protocole 1.6.1.
6. Renoncer aux astuces odorantes. Au Mexique, enduire la cage d’hexadécane ou y frotter l’ancienne reine a donné moins de réussite que la cage d’expédition seule, qui atteignait 80 % ; l’essence de vanille n’apportait rien (Guzmán-Novoa et al., 1998). Résultat d’un essai, abeilles africanisées.
7. Tenir compte de la période. Le SSA décrit une acceptation parfois moins bonne de mai à mi-septembre et des conditions favorables de mi-septembre à fin octobre. Ces repères suisses ne dispensent pas d’évaluer l’état de la colonie et les conditions locales, ni de remérer rapidement une colonie qui en a besoin.
Cas particulier : reines vierges en ruchette de fécondation. Les résultats y sont nettement plus variables. Dans des ruchettes orphelines depuis un à six jours, 31 à 100 % des reines vierges introduites directement étaient acceptées selon la durée d’orphelinage (Pérez-Sato et al., 2008). Sur 754 reines vierges, Smilga-Spalviņa et al. (2024) ont obtenu 60 à 77 % de réussite jusqu’à la mise en ponte lorsque la ruchette avait été préparée au moins cinq jours avant, contre 41 % après un seul jour ; les pertes au vol de fécondation comptaient ici comme des échecs. Des reines vierges de quatre jours, placées dans une cellule royale naturelle réutilisée ou artificielle, étaient acceptées à 93 à 95 % après 24 heures, contre 47 à 73 % avec une cage d’expédition (Pérez-Sato et al., 2007). Ces résultats ne se transposent pas tels quels à une reine féconde dans une colonie de production.
Quelle reine introduire ? Le SSA préconise une reine en ponte depuis au moins trois semaines. Dans l’essai de McAfee et al. (2024), 150 reines déjà en ponte ont été réparties entre trois lots : très jeunes, âgées d’environ un mois restées en ruchette, ou du même âge après 18 jours en banque. L’acceptation ne différait pas significativement ; le maintien en fin d’été allait de 76 % chez les plus jeunes à 90 % chez les reines de banque. L’absence de différence significative ne prouve pas l’équivalence de tous les âges et stockages. Rhodes et al. (2004) ont, de leur côté, observé une meilleure survie des reines introduites plus âgées. Ces essais soutiennent une prudence sur la maturité, sans tester directement une frontière universelle de trois semaines de ponte.
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Méthode |
Résultats publiés |
Portée |
|---|---|---|
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Cage avec candi, introduction directe |
80 % au Mexique (Guzmán-Novoa et al., 1998) ; au moins 90 % lorsque la reine retirée était féconde (Butler & Simpson, 1956) |
Résultat local ; ne sépare pas tous les facteurs de préparation |
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Cage couvrant un rayon (« cage à piquer ») |
9 reines sur 9 acceptées et en ponte ; 4 sur 9 disparues avec une cage d’expédition (Szabo, 1978) |
Petit essai ; la reine pond dans la cage et perd moins de poids |
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Isolateur de cadre, cage ronde, cage d’expédition |
19 reines sur 20 acceptées avec chaque méthode ; 90 % pendant la miellée, 100 % après ; ponte plus rapide avec isolateur et cage ronde (Karwan, 2016) |
60 reines carnica ; colonies bien préparées |
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Libération directe sous enfumage |
Jusqu’à 100 % après au moins deux jours d’orphelinage (Pérez-Sato et al., 2008) |
Ruchettes et ruches moyennes ; peu testé en colonie de production |
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Orphelinage de neuf jours, cellules retirées |
Pas de taux de réussite fourni dans cet aide-mémoire |
Une des méthodes SSA ; pas une obligation pour toutes les introductions |
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Réunion avec une ruchette de fécondation |
Pas de taux publié ; jugée fiable par le SSA (2026b) |
Transfère aussi varroa et pathogènes de la ruchette |
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Reine vierge de quatre jours dans une cellule naturelle réutilisée ou artificielle |
93 à 95 % après 24 h, contre 47 à 73 % en cage (Pérez-Sato et al., 2007) |
Ruchettes de fécondation |
Les taux proviennent d’essais différents et ne classent pas les méthodes. « Acceptée après 24 heures », « en ponte » et « encore présente en fin de saison » sont des critères distincts.
Le choix de la cage
Le mot « cage » recouvre des dispositifs différents. Le tableau suivant permet de les distinguer par leur forme générale et leur fonction ; la pose et le calendrier restent ceux de la notice et du protocole retenus.
| Dispositif | Forme et fonction | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Cagette d’expédition ou d’introduction | Petite boîte contenant la reine ; lors de l’introduction, une ouverture fermée au candi permet sa libération. | Elle sert au transport ou à l’introduction. Elle ne doit pas être assimilée à une cage de traitement prolongé. |
| Cage d’introduction sur couvain naissant | Cage fixée sur le rayon, couvrant la reine et une portion de couvain dont les ouvrières émergent. | Elle protège temporairement la nouvelle reine au contact des jeunes abeilles ; organiser sa libération selon la méthode. |
| Cage d’arrêt de ponte sans rayon de ponte | La reine est confinée sans pouvoir pondre ; les ouvrières doivent pouvoir accéder directement à elle. | Pour le protocole SSA 1.6.1 : emplacement, durée de 21 jours, couvain mâle résiduel et traitement forment un ensemble. |
| Isolateur de rayon ou cage à cadre | Le dispositif entoure un rayon sur lequel la reine peut continuer à pondre. | Du nouveau couvain peut s’y développer. Dans la méthode SSA du rayon-piège, les rayons sont remplacés puis retirés selon un calendrier spécifique. |
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Petite cage à fond alvéolé, de type Scalvini |
Selon le modèle, la reine peut déposer des œufs sur un fond formé de cellules, sans élevage normal jusqu’à l’operculation. | Vérifier le modèle, la notice et le couvain réellement présent ; la ponte ne prouve pas le maintien du signal royal. |
| Anneau abdominal | Petit anneau posé sur l’abdomen de la reine pour empêcher la ponte sans la confiner dans une cage. | Technique étudiée sur de petits effectifs ; elle n’est pas présentée ici comme une recommandation de routine. |
Repères techniques : SSA 4.5.2 (V2603), 1.6.1 (V2509) et 1.6.2 (V2412) ; Scalvini (2014) ; Uzunov et al. (2024). Les résultats et leurs limites sont détaillés ci-dessous.
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Cagette d’expédition |
Cage d’introduction sur couvain naissant |
Cage d’arrêt de ponte sans rayon de ponte |
Isolateur de rayon ou cage à cadre |
Cage scalvini |
Anneau abdominal |
Pour une introduction, une cage couvrant le couvain naissant protège la reine tout en lui offrant des jeunes abeilles et des cellules libérées. Szabo (1978) rapportait neuf reines sur neuf acceptées et en ponte, contre quatre disparitions parmi neuf reines en cage d’expédition, avec une perte de poids plus faible dans le premier groupe. L’écart est compatible avec ces conditions d’accueil, mais ce petit essai ne suffit pas à établir sa cause. Chez Karwan (2016), les trois dispositifs ont chacun donné 19 acceptations sur 20 ; la ponte débutait plus tôt avec l’isolateur ou la cage ronde. Les tableaux du texte intégral indiquent 27 acceptations sur 30 pendant la miellée et 30 sur 30 après, malgré une formulation différente dans le résumé. Il n’en ressort pas de supériorité universelle d’un modèle.
Pour un encagement de traitement, distinguer survie de la reine, maintien de la ponte et disparition du couvain operculé. Dans leurs essais automnaux, Toomemaa et Kaart (2024) n’ont observé aucune mortalité de reine dans les cages avec portion de rayon d’ouvrières, contre 8 % sans rayon ; ces conditions estoniennes ne constituent pas une comparaison de tous les protocoles estivaux. L’enquête de forum citée dans la bibliographie (Stylex, 2024) est déclarative et non contrôlée : ses taux ne permettent pas d’attribuer une différence à la cage. Le constat de 21 reines vivantes après 28 jours, attribué à Gounot (2026) dans la version précédente, n’est pas utilisé comme preuve comparative : la référence primaire indiquée n’a pas pu être vérifiée. Uzunov et al. (2024) ont suivi, en Chine, 21 colonies réparties en trois groupes : sept avec reine encagée, sept avec reine portant un anneau abdominal et sept témoins sans interruption de ponte (n = 7 colonies par groupe). L’anneau empêche la ponte tout en laissant la reine circuler. Après 25 jours, les reines ont été libérées de leur cage ou de leur anneau. Une reine du groupe avec anneau a ensuite été perdue et une autre coexistait avec sa fille en fin de suivi. Ce dispositif ne bénéficie pas ici d’une validation justifiant une recommandation pratique.
Le cas Scalvini. Certains modèles permettent une ponte sur fond alvéolé sans élevage normal jusqu’à l’operculation. La notice technique publiée sous le nom de Dante Scalvini (2014) insiste sur l’accès des abeilles à la reine, la pose et la libération ; il s’agit d’un retour technique du concepteur, pas d’un essai comparatif. On ne peut imposer une position unique valable pour toute cage ni garantir l’absence de couvain operculé sur la seule base du nom commercial. Le maintien des ovaires ou du signal royal par cette ponte reste une hypothèse non mesurée. Le petit essai de Ferrazzi et al. (2012), cinq colonies par groupe, ne démontre pas d’avantage de survie ou de moindre supersédure. Une cage sur rayon de mâles n’est pas un équivalent validé de la cage Scalvini.
Le dispositif doit correspondre à un protocole complet. Dans l’arrêt de ponte SSA 1.6.1, la reine n’élève pas de nouveau couvain et reste accessible aux ouvrières ; à 21 jours, le couvain de mâles résiduel est désoperculé ou retiré. Avec un isolateur permettant du nouveau couvain, il faut également gérer celui-ci avant tout traitement prévu hors couvain. La méthode du rayon-piège SSA 1.6.2 est distincte : la reine pond sur des rayons successifs qui sont ensuite retirés et fondus. Une cage isolant un cadre, y compris un modèle commercial particulier, ne devient pas à elle seule un protocole validé. Le calendrier du rayon-piège ne doit pas être remplacé par celui d’un encagement sans ponte.
Cadre suisse — Les durées SSA sont des recommandations techniques. Pour traiter contre varroa, utiliser une préparation autorisée pour les abeilles et respecter son information professionnelle, les conditions d’application et la documentation des traitements. Le présent article ne remplace pas la notice du médicament (OSAV, 2026 ; Agroscope, s. d.).
- Une cage d’introduction, une cage sans ponte et un isolateur de rayon ont des fonctions différentes. Comparer leurs résultats exige de distinguer protocole, saison et durée du suivi.
- Certaines cages avec rayon ont donné moins de pertes dans les conditions étudiées ; cela ne valide ni tous les modèles ni un bénéfice général contre la supersédure. Résultats limités.
- Identifier le fonctionnement réel du modèle choisi, assurer l’accès des ouvrières et suivre ses instructions. Vérifier le couvain présent avant le traitement ; ne pas présumer qu’une cage Scalvini dispense de ce contrôle.
- Manipuler la reine avec soin et choisir le calendrier correspondant : introduction, arrêt de ponte SSA 1.6.1 ou rayon-piège SSA 1.6.2.
Le remplacement après une introduction réussie
Deux échecs différents peuvent se cacher derrière une reine disparue. Dans un refus, la colonie élimine la reine lors de l’introduction ou peu après. Dans un remplacement, la reine a pondu, puis la colonie élève des cellules royales, souvent à partir de ses propres œufs. Le délai seul ne permet pas de les distinguer : une reine défectueuse peut être remplacée très tôt, et une reine acceptée peut disparaître tard pour d’autres raisons. Ce sont les observations qui tranchent : la reine a-t-elle pondu, et des cellules royales sont-elles apparues ?
Une reine présentant une blessure ou une reproduction insuffisante peut être remplacée après avoir pondu. Les résultats sur la viabilité du sperme (Pettis et al., 2016) et les infections virales (Chapman et al., 2024) fournissent des mécanismes possibles, sans diagnostiquer une cause sur le seul délai de disparition. Le contexte compte aussi : l’apport de couvain ouvert a amélioré le maintien des reines dans les paquets étudiés par Tarpy et al. (2021).
- Le délai seul ne distingue pas refus, accident et supersédure. Il faut des observations sur la reine, sa ponte et les cellules royales.
- Une disparition avant toute ponte est compatible avec un échec d’introduction, mais ne prouve pas sa cause ; une supersédure après ponte peut aussi dépendre de la colonie.
- Relever la présence de la reine marquée, la nature du couvain et la chronologie des cellules. Du couvain mâle en cellules d’ouvrières appelle un diagnostic distinguant reine pondeuse de mâles et ouvrières pondeuses.
- Pour un paquet ou un essaim, envisager un cadre de couvain ouvert seulement si son état sanitaire et le protocole choisi le permettent.
- Si une supersédure accompagne une reine défectueuse, évaluer les possibilités locales de fécondation ; laisser évoluer ou introduire une reine fécondée reste une décision de contexte, sans essai comparatif démontrant une solution toujours meilleure.
Les mécanismes et la surveillance pendant l’encagement contre varroa
Un encagement sans ponte modifie plusieurs informations : le jeune couvain disparaît progressivement, la reine ne parcourt plus les rayons et n’accède plus aux cellules royales. Ses ovaires et sa chimie pourraient aussi changer, mais les résultats sur de jeunes reines en banque ne quantifient pas cet effet chez une reine établie encagée. La figure 3 rassemble ces mécanismes possibles ; leurs contributions à une éventuelle supersédure n’y ont pas été mesurées ensemble.
Figure 3 – Effets possibles d’un encagement, déduits d’études séparées. Le « seuil collectif » est une hypothèse variable, comme dans la figure 1. L’indication « œufs seulement » pour Scalvini simplifie un fonctionnement dépendant du modèle ; elle ne garantit pas l’absence de couvain. Le contrôle à neuf jours renvoie au protocole allemand sans ponte, pas à une exigence SSA.
Les données de terrain sont incomplètes. Dans l’essai suisse de Droz et al. (2015), les pertes et remplacements étaient globalement comparables entre les groupes encagement et acide formique ; le faible effectif ne permet pas d’exclure un risque spécifique. Dans un essai distinct sur onze colonies, environ 45 % des nouvelles reines introduites à l’issue de l’encagement et du traitement ont été refusées, avec de fortes différences entre ruchers. Ces observations ne mesurent pas un surcroît de supersédure tardive imputable à la seule cage et ne donnent pas de taux « normal » applicable à tous les ruchers.
Pour la surveillance, compter depuis le début effectif de l’interruption de ponte. Fell et Morse (1984) ont observé des cellules nouvellement engagées jusqu’au huitième ou neuvième jour après retrait de la reine ; ces observations concernent des colonies orphelines, pas un essai d’encagement. Selon l’âge de la larve utilisée, une reine peut émerger bien avant la fin d’un blocage de trois semaines. Le bulletin Bienen@Imkerei 17/2024 recommande une recherche et une suppression des cellules après neuf jours dans un protocole de 25 jours sans ponte. Le SSA 1.6.1, version 2509, prévoit 21 jours avec gestion du couvain mâle résiduel et ne prescrit pas ce contrôle à neuf jours. Ne pas confondre ces calendriers avec les neuf jours de véritable orphelinage du SSA 4.5.2.
- Le contrôle des cellules après neuf jours d’encagement sans ponte vient du protocole allemand de 25 jours. Ce repère n’est ni un essai de supériorité ni une prescription SSA.
- Si du nouveau couvain est élevé dans un isolateur, la disponibilité de larves et le calendrier changent. Un contrôle unique au neuvième jour ne suffit pas à garantir l’absence ultérieure de cellules.
- Planifier l’opération en juillet pour permettre la reprise de l’élevage des abeilles d’hiver ; noter le jour de départ et assurer l’accès des ouvrières à la reine. SSA 1.6.1.
- Selon le SSA 1.6.1 : à 21 jours, retirer la reine en cage, gérer le couvain mâle résiduel, enlever les hausses et pulvériser selon le protocole. Remettre ensuite la reine sans la pulvériser ; nourrir et vérifier sa ponte une semaine après le traitement.
- Si un remplacement est prévu à cette étape, préparer une reine fécondée déjà en ponte et suivre la procédure spécifique SSA ; prévoir le risque de refus et poursuivre le suivi de l’infestation. L’arrêt de ponte ne dispense pas du reste du concept varroa. Le SSA maintient normalement un second traitement estival, avec des exceptions limitées fondées sur le suivi de l’infestation.
La conduite à tenir devant des cellules royales
Les travaux présentés ne comparent pas directement le devenir de colonies dont on détruit les cellules de supersédure à celui de colonies où on les conserve. La décision dépend donc du diagnostic, de la saison et de l’objectif de l’apiculteur.
En période d’essaimage, dans une colonie forte et encombrée, des cellules nombreuses en bordure de rayon signalent d’abord une préparation d’essaimage. En dehors de cette période, peu de cellules, au milieu des rayons, chez une reine âgée ou au couvain irrégulier, évoquent une supersédure. Ces indices orientent ; ils ne prouvent pas (Fell & Morse, 1984).
Détruire des cellules de supersédure ne corrige pas nécessairement le problème de la reine. Le suivi d’Allen (1965) décrit des remplacements, sans comparer les bénéfices d’une intervention et du laisser-faire. En fin de saison, une fécondation peut échouer si les mâles ou les conditions de vol manquent ; cela justifie d’anticiper un remérage avec reine fécondée lorsque le diagnostic le nécessite. Le contrôle au plus tôt 21 jours après essaimage indiqué par le SSA 4.7.4 concerne le suivi d’une colonie ayant essaimé, pas une règle de décision sur toutes les cellules de supersédure.
- Nombre et position des cellules orientent l’analyse, mais ne distinguent pas sûrement sauveté, supersédure et essaimage.
- Laisser évoluer une supersédure peut être raisonnable en saison de fécondation, sans preuve comparative de supériorité. Option raisonnée.
- Avant de supprimer les cellules, vérifier la situation de la reine, le stade des cellules et l’objectif : conserver la reine, remplacer une reine défectueuse ou prévenir un essaimage.
- Prévoir ensuite un contrôle de ponte ; si la fécondation naturelle paraît compromise, envisager une reine fécondée selon la méthode retenue, sans laisser la colonie sans solution de remplacement.
Le diagnostic devant une absence d’œufs ou un couvain lacunaire
Une observation isolée ne permet pas de conclure. On peut procéder par étapes, en s’appuyant sur les aide-mémoire du SSA (2026a, 2026b) :
1. Replacer l’observation dans le temps. Relever saison, météo, ressources, essaimage, introduction et traitement récents. Examiner aussi la place réellement libre pour pondre : des apports de nectar et leur stockage dans le nid peuvent la limiter. Une forte rentrée de pollen ne prouve à elle seule ni un blocage de ponte ni la fertilité de la reine.
2. Chercher des œufs, pas forcément la reine. Des œufs déposés un par cellule, au fond, et du jeune couvain d’ouvrières indiquent une reine en ponte. Ne pas voir la reine ne prouve pas son absence.
3. Regarder la nature du couvain. Une ponte régulière de mâles dans des cellules d’ouvrières évoque une reine pondeuse de mâles ; des œufs multiples, souvent sur les parois, évoquent des ouvrières pondeuses. Ces indices demandent confirmation, car une jeune reine peut aussi déposer plusieurs œufs. Le profil mandibulaire ne permettait pas de distinguer les reines pondeuses de mâles des reines normalement fécondées chez Strauss et al. (2008). Ne pas introduire directement une reine dans une colonie avec ouvrières pondeuses ; consulter le SSA 4.7.4 pour sa gestion.
4. En cas de doute sur l’orphelinage, utiliser un cadre de couvain ouvert comprenant de très jeunes larves, prélevé dans une colonie saine, selon le SSA 4.7.4. La construction de cellules est un indice d’orphelinage. En l’absence de cellules, une reine vierge est probable, mais le test ne constitue pas une certitude absolue ; le SSA prévoit un nouveau contrôle du couvain deux semaines après. Consigner l’ajout, qui modifie aussi le calendrier d’un éventuel traitement hors couvain.
5. En cas de couvain lacunaire chronique, vérifier les maladies du couvain, varroa et les réserves avant d’incriminer la reine. Dans l’essai de Lee et al. (2019), l’échange de reines entre colonies a révélé le rôle de la colonie ; ce n’est pas pour autant un test de routine validé.
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J’observe |
Je comprends |
J’agis |
|---|---|---|
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Pas d’œufs après un essaimage récent |
Une reine vierge peut être présente ; le calendrier de fécondation varie. |
Dater le départ et suivre le contrôle SSA ; éviter une introduction fondée sur la seule absence d’œufs. |
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Couvain lacunaire, reine présente |
Ressources, état sanitaire et reine peuvent intervenir. |
Examiner réserves, couvain et infestation ; documenter l’évolution avant de remérer. |
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Cellules royales, reine présente |
Essaimage, supersédure et effet d’un encagement restent à distinguer. |
Vérifier chronologie, reine et stade des cellules avant de les supprimer. |
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Ponte mâle ou œufs multiples |
Reine pondeuse de mâles ou ouvrières pondeuses possibles ; indices non absolus. |
Confirmer le diagnostic et suivre le SSA 4.7.4 ; ne pas introduire une reine à l’aveugle. |
Grille de raisonnement fondée sur les éléments présentés et les aide-mémoire SSA ; ce n’est pas un test diagnostique validé.
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Situation |
Repère |
Source et statut |
|---|---|---|
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Après retrait de la reine |
Réaction des ouvrières en 6 à 12 h ; premières cellules en 12 à 48 h ; nouvelles cellules jusqu’au 8e ou 9e jour |
Fell & Morse (1984), 13 colonies |
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Développement d’une reine de sauveté |
14 à 18 jours depuis la ponte de l’œuf ; moyenne 15,7 jours |
Tofilski & Czekońska (2004) |
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Encagement contre varroa |
Après le début du blocage : cellules à neuf jours dans le protocole allemand de 25 jours ; SSA : étape de traitement à 21 jours, puis contrôle de ponte sept jours après traitement |
Brunnemann-Stubbe (2024) ; SSA (2025) ; recommandations |
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Introduction d’une reine |
Méthode avec orphelinage : retrait à J0, introduction à J9 après suppression des cellules ; autres méthodes possibles. Contrôle après environ 7 jours, ou 10 avec libération lente |
SSA (2026b) ; recommandation |
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Colonie ayant essaimé |
Contrôle d’une reine active au plus tôt 21 jours après l’essaimage |
SSA (2026a) ; recommandation |
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Test d’orphelinage sans nouvelles cellules |
Nouveau contrôle du couvain deux semaines plus tard |
SSA (2026a) ; recommandation |
Les autres insectes sociaux
Keller et Nonacs (1993) distinguent l’hypothèse d’un contrôle reproducteur exercé par la reine de celle d’un signal de fertilité auquel les ouvrières répondent. Chez l’abeille, certains résultats soutiennent une information sur la reproduction, mais d’autres montrent les limites d’une lecture de la fertilité à partir des seules substances mandibulaires. Les deux termes ne doivent pas être présentés comme une alternative définitivement résolue.
Chez la fourmi d’Argentine, les ouvrières éliminent chaque printemps une grande partie des reines de la colonie ; les survivantes présentaient davantage de certains hydrocarbures cuticulaires, dont un lié à la productivité (Abril & Gómez, 2019). Chez le bourdon Bombus impatiens, seule une reine libre de ses mouvements empêchait les ouvrières de développer leurs ovaires ; une reine encagée, accessible au contact, n’y parvenait pas (Padilla et al., 2016).
Ces résultats sur fourmis et bourdons ne démontrent pas les mécanismes du remérage chez Apis mellifera. Ils éclairent des questions possibles sur comportement et chimie, à tester séparément dans chaque espèce. Une absence de transposition n’est pas une preuve que les résultats obtenus dans l’autre espèce seraient faux.
Ce que les données permettent de conclure
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Les données soutiennent une lecture combinée de la reine, du couvain et de la colonie. Elles laissent ouvertes plusieurs questions sur la détection de l’arrêt de ponte et les suites de l’encagement. |
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Statut |
Conclusion |
Portée |
|---|---|---|
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Explication établie |
Plusieurs voies chimiques participent à l’influence royale ; aucune ne mesure seule la qualité de la reine. |
Keeling et al. (2003) ; Maisonnasse, Alaux, et al. (2010) ; Strauss et al. (2008) |
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Résultat d’essai |
Retirer le jeune couvain a déclenché un élevage royal malgré la présence de la reine. |
Un essai, 9 colonies par groupe (Pettis et al., 1997) |
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Résultats concordants |
Des élevages commencés s’interrompent souvent (plus de la moitié chez Allen) ; une colonie avec reine fonctionnelle élimine le plus souvent les cellules qu’on lui offre. |
Allen (1965) ; Caron & Greve (1979) ; Holmes et al. (2023) |
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Résultats d’essais |
L’acceptation peut diminuer en présence de cellules royales ; l’effet du délai d’orphelinage dépend du protocole et de la reine introduite. |
Surtout petites colonies et reines vierges (Butler & Simpson, 1956 ; Pérez-Sato et al., 2008 ; Smilga-Spalviņa et al., 2024) |
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Résultats d’essais limités |
Des cages avec rayon ont donné une meilleure survie ou un démarrage de ponte plus rapide dans certains essais, sans supériorité générale démontrée. |
Szabo (1978) ; Toomemaa & Kaart (2024) ; effet sur le traitement varroa à intégrer |
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Résultat d’essai |
Le couvain d’une même reine change selon la colonie qui l’élève. |
Un essai d’échange (Lee et al., 2019) |
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Résultats d’essais |
Les défauts de spermatozoïdes et certaines infections peuvent compromettre la reproduction. Un lien entre infection virale, ovaires et oléate de méthyle a été observé expérimentalement. |
Chapman et al. (2024) ; Pettis et al. (2016) ; McAfee et al. (2025) |
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Question ouverte |
Les ouvrières reconnaissent-elles un arrêt de ponte indépendamment du couvain et des effets de l’encagement ? |
Les travaux examinés ne séparent pas ces facteurs |
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Question ouverte |
L’encagement augmente-t-il le taux de supersédure après libération ? |
Les données disponibles ne permettent pas d’attribuer un surcroît de supersédure à l’encagement |
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Pratique recommandée |
Distinguer contrôle à neuf jours d’encagement sans ponte (protocole allemand) et méthode SSA d’introduction après neuf jours d’orphelinage réel. |
Deux recommandations distinctes ; pas un seuil universel ni un taux de réussite garanti |
Les ouvrières répondent ensemble aux informations de la reine, du couvain et de la colonie, dans un système qui change avec le temps. Pour l’apiculteur, observer signifie consigner l’histoire de la colonie, le couvain et les ressources ; comprendre signifie distinguer résultat, hypothèse et diagnostic possible ; agir signifie choisir une intervention cohérente avec ces observations et en vérifier les suites. Ni l’absence d’œufs ni une cellule royale isolée ne justifie à elle seule un verdict sur la reine.
Voir aussi :
- Phéromones royales
- Œuf fécondé ou œuf non fécondé
- Comment introduire des reines ?
- Aide-mémoire : 4.7.4 Gestion des colonies orphelines
- Lutte contre le varroa : l’interruption estivale de couvain
Bibliographie
Abril, S., & Gómez, C. (2019). Factors triggering queen executions in the Argentine ant. Scientific Reports, 9, 10427. https://doi.org/10.1038/s41598-019-46972-5
Allen, M. D. (1965). The production of queen cups and queen cells in relation to the general development of honeybee colonies, and its connection with swarming and supersedure. Journal of Apicultural Research, 4(3), 121–141. https://doi.org/10.1080/00218839.1965.11100115
Brunnemann-Stubbe, G. (2024, 5 juillet). Am Bienenstand [Brutunterbrechung durch Käfigen der Königin]. Bienen@Imkerei, (17/2024), 1–2. https://www.apis-ev.de/files/infobriefe/Infobrief%202024/Infobrief%202024_17%20Biotechnische%20Ma%C3%9Fnahmen.pdf
Butler, C. G., & Simpson, J. (1956). The introduction of virgin and mated queens, directly and in a simple cage. Bee World, 37(6), 105–124. https://doi.org/10.1080/0005772X.1956.11094933
Caron, D. M., & Greve, C. W. (1979). Destruction of queen cells placed in queenright Apis mellifera colonies. Annals of the Entomological Society of America, 72(3), 405–407. https://doi.org/10.1093/aesa/72.3.405
Carroll, M. J., Brown, N. J., Ruetz, Z., Ricigliano, V. A., & Anderson, K. E. (2023). Honey bee retinue workers respond similarly to queens despite seasonal differences in Queen Mandibular Pheromone (QMP) signaling. PLOS ONE, 18(9), e0291710. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0291710
Chapman, A., McAfee, A., Tarpy, D. R., Fine, J., Rempel, Z., Peters, K., Currie, R., & Foster, L. J. (2024). Common viral infections inhibit egg laying in honey bee queens and are linked to premature supersedure. Scientific Reports, 14, 17285. https://doi.org/10.1038/s41598-024-66286-5
Droz, B., Dietemann, V., Gauthier, L., & Charrière, J.-D. (2015). L’encagement des reines : une méthode pour traiter contre varroa en été ? Revue suisse d’apiculture, (8), 20–28. https://ira.agroscope.ch/en-us/Cms/Einzelpublikation/Download?einzelpublikationId=35423
Fell, R. D., & Morse, R. A. (1984). Emergency queen cell production in the honey bee colony. Insectes Sociaux, 31, 221–237. https://doi.org/10.1007/BF02223608
Ferrazzi, P., Ceccarello, S., Cuttini, D., & Ferrero, R. (2012). Varroa control: Comparison of three queen-caging methods [poster]. EURBEE 2012, 5th European Conference of Apidology, Halle an der Saale, p. 272. Notice et résumé : https://hdl.handle.net/2318/1534533
Gilley, D. C., DeGrandi-Hoffman, G., & Hooper, J. E. (2006). Volatile compounds emitted by live European honey bee (Apis mellifera L.) queens. Journal of Insect Physiology, 52(5), 520–527. https://doi.org/10.1016/j.jinsphys.2006.01.014
Gounot, E. (2026, 9 septembre). La lutte biotechnique contre Varroa : un exemple en région Sud-PACA [projet Fall’Var]. ITSAP – Institut de l’abeille. https://itsap.asso.fr/articles/la-lutte-biotechnique-contre-varroa-un-exemple-en-region-sud-paca [Référence conservée de la V4.2 ; page primaire et métadonnées non vérifiées le 24 octobre 2026 ; non utilisée pour établir une conclusion.]
Guzmán-Novoa, E., Page, R. E., Jr., & Prieto-Merlos, D. (1998). Queen introduction, acceptance, and survival in honey bee (Hymenoptera: Apidae) colonies of a tropical, Africanized region. Journal of Economic Entomology, 91(6), 1290–1294. https://doi.org/10.1093/jee/91.6.1290
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Holmes, L. A., Kearns, J. D., Ovinge, L. P., Wolf Veiga, P., & Hoover, S. E. (2023). Requeening queenright honey bee colonies with queen cells in honey supers. Journal of Insect Science, 23(5), 20. https://doi.org/10.1093/jisesa/iead091
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Keeling, C. I., Slessor, K. N., Higo, H. A., & Winston, M. L. (2003). New components of the honey bee (Apis mellifera L.) queen retinue pheromone. Proceedings of the National Academy of Sciences, 100(8), 4486–4491. https://doi.org/10.1073/pnas.0836984100
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Références complémentaires vérifiées pour la version 5
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Ces références complètent la version 5 sur la maturité des reines, la technique d’encagement et le cadre suisse des médicaments vétérinaires. |
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