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Altruistischer Suizid gegen die Varroamilbe

Der parasitische Milbenbefall dezimiert Bienenvölker. Der Biologe Paul Page zeigte, dass eine asiatische Sammelbiene dank eines Systems des „altruistischen Suizids“ einen Ausweg gefunden hat. Ein Modell, dem ihre europäische Cousine folgen könnte?

Il court, il court, le varroa. Il vole même. Cet acarien, de la même famille que la tique, se déplace en effet sur des abeilles ouvrières adultes, s'accrochant à leurs nuques ou se cachant dans les parois de leurs abdomens. Il percera ensuite un trou dans leur cuticule, pompera un peu de sang pour en tirer des nutriments, et leur transmettra ainsi des maladies : «Sur une vingtaine de virus répertoriés chez les abeilles, la plupart sont associés à la présence de Varroa destructor», explique le biologiste Paul Page.


Une fois dans la ruche, le varroa va s’infiltrer dans les cellules des larves nourries à la gelée par les jeunes ouvrières, qui seront ensuite refermées avec un couvercle en cire. Le varroa profite ainsi de la vingtaine d’heures précédant l’operculation de la cellule pour sauter d'une ouvrière, entrer dans une cellule et se cacher sous la larve. Une fois la cellule fermée, «il perce alors la peau de la larve, commence à se nourrir de son hémolymphe et lui transmet des maladies qui vont l’affaiblir avant même qu'elle soit adulte».


L’intrus(e) dans la cellule est donc toujours une femelle portante qui va y pondre sa progéniture: «Le premier œuf est généralement un mâle, les trois ou quatre qui suivent vont se développer en varroa femelles. Le mâle va ensuite inséminer ses sœurs, qui pourront sortir de la cellule lorsque l’ouvrière en émergera, 10 à 11 jours plus tard.» Ce qui signifie qu’en l’espace de trois semaines, une population de varroa peut doubler voire tripler dans une ruche, «une augmentation qui devient exponentielle sur la saison si on ne fait rien pour traiter la colonie contre ce parasite». Le varroa est ainsi une des causes, parmi d’autres, de la mortalité des abeilles constatée depuis quelques années (lire encadré).


Paul Page a publié l’an dernier dans la revue «Scientific Reports» les résultats d’une étude de trois ans menée en Chine et en Thaïlande sur l’hôte d’origine du parasite: l’abeille asiatique (Apis cerana). Il faut savoir que l’abeille européenne (Apis mellifera) n’est infestée par Varroa destructor que depuis un siècle environ. La faute à l’homme qui a déplacé les colonies d’abeilles européennes pour atteindre une exploitation bientôt mondiale de cette espèce.

Le système immunitaire mis en péril

Outre la transmission de virus pathogènes, la présence du varroa va aussi entraîner une diminution du système immunitaire de la colonie. «Les abeilles seront affaiblies par le parasite, elles auront les ailes plus souvent déformées et ne pourront plus voler, diminuant ainsi la quantité de nourriture ramenée à la ruche; le déclin se fait petit à petit, mais une colonie hautement infestée par le varroa ne pourra pas survivre plus d’une année sans l’aide d’un apiculteur averti», explique Paul Page.


Lorsque le varroa est arrivé en Europe dans les années 1980, les apiculteurs se sont d’abord tournés vers des traitements chimiques, les acaricides de synthèse. «Au début cela marchait bien, mais le parasite a rapidement développé des résistances physiologiques à ces produits.» On est passé aujourd’hui à des produits plus naturels à base d'acides formique et oxalique, ainsi que des composés naturels issus de plantes.

Une étude prometteuse

L’étude réalisée par Paul Page et ses collègues de l’Agroscope et de l’Université de Berne ouvre pourtant des perspectives.

Une parade au travers de l’hygiène

Ce «suicide altruiste» et ce sens de l’hygiène étant «des traits comportementaux, ils doivent avoir une base génétique…»

Source: https://www.migrosmagazine.ch/abeilles-contre-varroa-mortel-combat


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Autor
Paul Page, biologiste
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